VISION
Le nom Sambre2030 est choisi d’une part en référence à la fenêtre d’opportunité internationalement reconnue pour tenter de préserver la planète du dérèglement climatique et de l’effondrement de la biodiversité et d’autre part en référence au bicentenaire de la canalisation de la Sambre.
Nous sommes inspiré.e.s par un ensemble d’initiatives internationales (Le Parlement de Loire, actions autour du fleuve Whanganui, Mar Menor en Espagne…) et motivé.e.s par l’amélioration de la qualité de l’écosystème des vivants autour de la Sambre, nous voulons obtenir d’ici à 2030 le droit pour la rivière Sambre d’obtenir la personnalité juridique et d’agir en justice via une action populaire, une représentation citoyenne, en vue de la défense de la qualité de vie de la communauté des habitants – humains et autres que humains – du bassin versant de la rivière Sambre. Notre vision doit se traduire de manière concrète par la création d’alliances favorisant l’émergence et la coordination d’actions concrètes autour de la rivière SAMBRE.
En tant que sujet de droit, la rivière n’est plus considérée comme une simple chose ou un « égout » mais comme un élément vivant, un sujet avec lequel nous sommes en relation de réciprocité. C’est pourquoi nous parlerons de Sambre comme un prénom et non plus de « la » Sambre comme un simple cours d’eau.
Sambre coule sur 190 kilomètres entre Fontenelle en France et Namur en Belgique, sa confluence sur la Meuse. Elle fut la première rivière canalisée de Belgique. À certains endroits, l’industrialisation et le passé sidérurgique laissent des traces saillantes dans le paysage au point d’avoir détourné le regard d’une grande partie de la population de ce cours d’eau. La rivière est principalement utilisée comme une ressource liée à une exploitation industrielle.
De plus, son image est liée à une forme de désenchantement économique, social et environnemental. Une rapide recherche sur plusieurs catalogues de bibliothèques en Belgique confirment cette image : on y parle de pollution de la rivière, de sa canalisation, des fortifications militaires et batailles le long de ses berges, et de la région qu’elle délimite partiellement, l’Entre-Sambre-et-Meuse. Dernièrement, le nom de Sambre est rattaché à une série télévisée qui illustre ce désenchantement autour du violeur de Sambre.
Pourtant d’autres réalités existent !
L’artiste Olivier Pestiaux réalise en 2021 un voyage sur la Sambre et la Meuse, dans la région de ses origines, L’Entre-Sambre-et-Meuse. Ce voyage a été mené dans le cadre d’un projet artistique pendant le confinement en autonomie complète sur un petit voilier adapté pour l’occasion (avec un ami artiste Bernard Thiry). Un des moments importants du voyage sur le bateau fut l’entrée dans Charleroi, sa ville de naissance, par la Sambre. Il fut surpris de rentrer si brusquement dans un lieu connu et qu’il redécouvrait comme pour la première fois suivant un nouveau point de vue. Sambre l’accompagnait depuis Namur avec un sentiment d’une grande solitude. Alors que la Meuse semblait en connexion avec ses riverains, Sambre lui apparaissait désespérément seule et ignorée des habitant·e·s. Les maisons faisant dos à la rivière avec peu d’endroit public directement connecté à son cours. De manière précipitée et inattendue, ce sentiment de solitude se manifestait physiquement à Charleroi. Les personnes sur les quais à plusieurs mètres de hauteur semblaient indifférentes et ne remarquaient pas la présence insolite du petit voilier.
Comment pouvait-on imaginer une ville qui vit de manière si déconnectée du cours d’eau qui la traverse et qui contribue à sa prospérité ?
C’est ce constat qui a initié la démarche de SAMBRE 2030.
